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À la conquête du monde

Le comité stratégique d’une future filière sport est mis en place cet après-midi par le gouvernement. Le but : fédérer les acteurs de ce milieu et conquérir des marchés à l’export.

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Plusieurs entreprises ont rejoint les groupes de travail destinés à élaborer une filière sport en France. Natural Grass (gazons hybrides), Gerflor (revêtements de sol des salles), Cityzen Sciences (textile connecté) et Doublet (pavoisement des stades et événements) en font notamment partie, avec l’espoir d’aider à développer les marchés à l’export.

LE SPORT BUSINESS s’invite aujourd’hui à Bercy.

Histoire de rappeler que la France n’a pas seulement de bons résultats sportifs mais aussi des entreprises et organisations performantes favorisant la croissance d’un marché qui ne connaît pas la crise. Avec un chiffre d’affaires estimé à plus de 35 milliards d’euros en France, pour 275 000 emplois, le secteur du sport affiche de solides arguments.

«On souhaite une vraie politique dans ce domaine depuis très longtemps, se réjouit Brigitte Deydier, triple championne du monde de judo, directrice de la prestigieuse compétition de golf organisé en France en 2018, la Ryder Cup. Et il y a aujourd’hui une vraie prise de conscience.»

Pas moins de quatre membres du gouvernement –Emmanuel Macron,ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique ; Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports; Thierry Braillard, secrétaire d’État aux Sports ; et Matthias Fekl, secrétaire d’État au Commerce extérieur – lanceront en effet officiellement, cet après-midi, la première séance de travaux qui définira les contours d’une filière dédiée au sport.

Une filière quésaco ?

Selon le jargon du monde de l’industrie, c’est une « plateforme de concertation entre les acteurs publics et privés d’un secteur ». Traduisez : un lieu d’échanges entre les différents acteurs que sont, en sport, les fédérations, les clubs, les entreprises, les agences, les associations sans oublier bien sur les athlètes.

«Nous souhaitons structurer tout cela, décrypte Thierry Braillard. Pour y parvenir, nous devons voir s’il existe des blocages entre les différents acteurs et ensuite mettre en place un plan d’action. L’objectif est de faire gagner les sociétés françaises à l’export. »

Cette organisation de l’environnement économique pourra ainsi permettre de vendre un savoir-faire, de développer une sorte d’«expertise française» qui permettra l’obtention de marchés autour d’événements sportifs organisés par d’autres pays. « Il y a beaucoup d’entreprises performantes en France mais elles ne  travaillent pas ensemble, confirme Bertrand Picard, président fondateur de Natural Grass. Les sociétés prises en exemple sont les Allemandes, qui chassent en meute. Par exemple, nous sommes l’un des leaders mondiaux sur notre marché des terrains de sport (sol synthétique et pelouse naturelle)mais nous restons une petite entreprise. Sion va sur les marchés internationaux avec de grands groupes comme Vinci ou Bouygues, on peut proposer un projet cohérent, clés en main. C’est pour ça que je crois au potentiel de cette filière à l’export », poursuit le patron de la société qui fournit les pelouses de la moitié des stades de l’Euro 2016, dont celle de la nouvelle enceinte à Bordeaux pour plus de 1,5 million d’euros. Ce dirigeant fait partie, avec Brigitte Deydier, de la centaine d’acteurs répartis dans quatre groupes de travail qui vont ainsi plancher pendant plus de six mois sur la façon de mieux collaborer ensemble et définir un business-plan.

« Le secteur du sport est extrêmement important. C’est un marché qui se développe et peut nous faire gagner en produit intérieur brut », confirme Thierry Braillard. « Les grands événements qui vont se succéder en France ont été un élément déclencheur ainsi que la perspective d’accueillir les Jeux Olympiques et Paralympiques à Paris en 2024. L’État a clairement identifié le sport comme un levier de croissance », estime pour sa part Virgile Caillet, délégué général de la FIFAS (Fédération internationale des industries sport et loisirs) et membre du comité stratégique. Présidé par Emmanuel Macron, le comité sera dirigé par Olivier Ginon, patron du Groupe GL Events (939 M€de chiffres d’affaires et 30,8 M€de résultat net). « GL Events est le leader mondial dans le domaine de l’événementiel sportif, justifie Thierry Braillard. Les quatre groupes de travail rendront leurs conclusions à Olivier Ginon à l’automne ; il en fera une synthèse auprès des ministres et nous devrions signer le contrat stratégique de filière (l’acte de naissance) à la fin de l’année ». Brigitte Deydier sourit. « Le comité n’est pas fait pour durer. Une fois les propositions définies et adoptées, à nous de faire rouler la filière.»

Rachel Pretti 

Photos Est Éclair, Richard Mouillaud/ le Progrès/PQR, Nicolas Luttiau et Bruno Bade/L’Équipe

Lire l’article sur L’Equipe ICI

 

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