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Economie : comment l’Euro a boosté Natural Grass, le spécialiste de l’hybride

En même temps qu’il a présenté un bilan économique positif de l’Euro 2016, mardi, le ministère des Sports a mis en avant le rôle de booster qu’a joué le tournoi français pour des entreprises tricolores comme le spécialiste de la pelouse hybride, Natural Grass. Entretien avec son créateur, Bertrand Picard.

Natural Grass Euro 2016

Parc OL, 26 juin. Le 8e de finale France-Eire (2-1) se dispute sur une pelouse de Natural Grass. (L’Eq.)

«L’Euro 2016 a été une « super opportunité », avez-vous dit au ministère des Sports lors de la présentation mardi matin de l’étude sur l’impact économique positif de l’Euro 2016. En quoi le tournoi a-t-il aidé votre entreprise, Natural Grass, spécialiste français des pelouses hybrides ?

Comme le disait mon professeur d’entreprenariat à l’ESSEC : « Aucun succès entrepreneurial n’est possible sans un coup de chance déterminant. » À l’époque, je le trouvais trop humble mais, en fait, il avait raison. Pour nous, l’Euro a représenté ce coup de pouce. J’ai créé la boîte en 2009, avec une technologie qui était révolutionnaire mais plus chère pour les stades ou les collectivités qui souhaitaient renouveler leur pelouse. Il fallait qu’il y ait un appel d’air du marché et l’attribution de l’Euro à la France, juste un an plus tard, en 2010, a créé cet appel d’air. L’Euro nous a permis de répondre à des marchés de très haut niveau sur un très court laps de temps, de créer de la croissance, de nous lancer.

La météo a aussi servi vos intérêts…

C’est vrai que nous avons eu un deuxième coup de chance, totalement inattendu celui-là, avec cette météo exécrable en juin et juillet, des records de pluviométrie pour cette période, des inondations… Alors que les grandes compétitions de football se déroulent généralement pendant l’été dans des conditions propices à une bonne qualité de pelouse, nous nous sommes retrouvés dans une situation où il y a eu véritablement une différence entre nos pelouses, comme celle de Lyon, et d’autres qui ont aussi accueilli l’équipe de France. La météo nous a permis de montrer plus clairement encore l’intérêt de notre technologie AirFibr qui résiste mieux aux intempéries et à la répétition des matches sur un temps court. D’ailleurs, après l’Euro, où nous équipions aussi Saint-Etienne, Bordeaux et Toulouse, nous avons signé Lille et Marseille.

«Chasser en meute»

A quel point l’Euro a-t-il été un booster pour votre entreprise ?

L’Euro a été une vitrine. La presse a beaucoup parlé de nous à l’étranger, y compris au Portugal, bien sûr… Le tournoi français a aussi créé une dynamique collective avec d’autres entreprises comme la nôtre pour aller faire valoir nos savoir-faire à l’exportation. Le ministère, la Fédération et ces entreprises ont créé une flière football. Le principe est de chasser en meute de nouveaux marchés dans des pays émergents, mais pas seulement. Aujourd’hui même, une délégation de la filière est présente à un salon professionnel sur la côte Ouest des Etats-Unis pour essayer d’exporter nos technologies là-bas.

Votre entreprise sera également associée à l’un des prochains grands événements mondiaux organisés en France, la Ryder Cup, en 2018…

On a remporté ce contrat qui consiste en la rénovation du Golf national de Saint-Quentin-en-Yvelines où se déroulera la compétition. L’Euro nous a forcément aidé dans la crédibilité de notre dossier. Nous étions le Petit Poucet dans cette compétition internationale très relevée face à des candidats venus d’Inde, d’Angleterre, d’Irlande et d’Ecosse notamment. Cela aurait sûrement été beaucoup plus difficile pour nous sans cette crédibilité que nous a donné l’Euro.

J.LB

Lire l’article sur L’Equipe ICI

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