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Foot : une échographie pour des terrains plus doux

Pour réduire les blessures des joueurs, une start-up française développe une technologie qui permet d’évaluer la qualité des terrains.

Echographie AirFibr

La start-up Natural Grass développe une technologie permettant d’évaluer les performances d’une pelouse en mesurant par échographie, son impact sur les muscles et tendons des sportifs. Olivier Hertel

hybride

Un muscle qui se déchire, une cheville qui craque ou pire encore, un genou qui lâche ! Autant de cauchemars pour les sportifs de haut niveau pour qui ces “petits accidents” peuvent mettre un terme à une carrière. Le sujet est particulièrement sensible dans les clubs de foot où les jambes des joueurs valent de l’or. Alors quand en 2013, la start-up Natural Grass commence à commercialiser AirFibr, une pelouse “hybride”, capable de réduire de 40% les efforts appliqués sur les ligaments, les clubs comprennent vite l’intérêt d’une telle innovation. En tout juste trois ans, Natural Grass est parvenue à imposer sa pelouse dans cinq des dix stades de l’Euro 2016 (Marseille, Toulouse, Lyon, Bordeaux, Saint Etienne) ainsi que les terrains d’entrainement des prestigieux clubs du Real de Madrid et Arsenal.

La technologie repose essentiellement sur le substrat sur lequel l’herbe pousse. Il est composé de sable, de fibres et de liège. En modulant ces trois composants, il est possible d’adapter la nature du terrain, sa dureté, sa résistance à l’arrachement et par conséquent son impact sur les muscles et les ligaments du joueur.

« Par exemple, un terrain trop mou absorbera bien les chocs mais sera plus fatigant. C’est comme courir dans le sable, explique Sylvain Massip, directeur de la recherche et développement chez Natural Grass. A l’inverse, sur un terrain trop dur, ce sont les muscles et les ligaments qui absorbent les chocs. Il y a donc un risque de traumatisme. »

échographie

Aujourd’hui, la start-up souhaite aller plus loin. Elle vient de lancer un projet de recherche en partenariat avec l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (INSEP) visant à évaluer les terrains en fonction de l’activité des sportifs.

« Nous utilisons un échographe fixé sur le muscle, notamment le mollet. Cela nous permet de mesurer les contraintes qu’il subit durant un exercice. Par exemple, l’allongement des fibres musculaires nous indiquera le risque d’élongation ou pire, de déchirure. L’absorption des chocs témoignera du niveau de sollicitation des articulations. Enfin, nous pouvons mesurer la raideur des muscles signe de fatigue et d’autres paramètres qui sont encore à l’étude », explique Enzo Holleville, qui prépare une thèse sur ce sujet.

A partir de ces données, les scientifiques pourront alors évaluer l’impact de chaque pelouse sur les muscles et ligaments des joueurs. En jouant sur la composition du substrat, ils pourront faire varier sa dureté et sa résistance.

« Le but est de trouver la pelouse optimale », conclut Sylvain Massip.

Olivier Hertel

Lire l’article sur RMC Sport ICI

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