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Avec son gazon, il déroule le tapis vert aux sportifs

Bertrand Picard a fondé Natural Grass, une start-up qui révolutionne les terrains de sport.

Bertrand Picard

Natural Grass, la pelouse qui résiste à tout

  • 24 salariés, dont 9 chercheurs et ingénieurs
  • 110 % de croissance annuelle depuis 2013
  • 26 installations dans 4 disciplines différentes

  • Si l’équipe de France de football a effectué un si beau parcours lors de l’Euro 2016, c’est peut-être un peu grâce à Bertrand Picard. Son entreprise, Natural Grass, a équipé 5 des 10 stades de la compétition avec sa technologie « AirFibr », un substrat végétal destiné au sport.

    Ce matériau unique, mélange de liège, de sable fin et de microfibres synthétiques, a séduit les dirigeants du monde sportif, de l’AS Beauvais jusqu’au Real Madrid, en passant par le Racing 92, grâce à deux avantages majeurs. Sa résistance, qui permet aux équipes d’enchaîner plusieurs matchs en très peu de temps sans détérioration, et sa souplesse, qui diminue les risques de blessure des sportifs.

    A l’origine, Bertrand Picard n’a pas spécialement la main verte. Il jongle avec les millions dans la fusion-acquisition chez Rothschild, à Londres, quand, en 2009, il a le déclic. En travaillant sur le «business model» du club d’Arsenal, il prend conscience du peu d’innovation sur les pelouses. Or l’entretien de ces tapis verts est prohibitif pour la plupart des clubs. Il s’empare donc d’une idée de son père, ingénieur et botaniste, dépositaire d’un brevet sur le matériau qui deviendra «AirFibr». Pour améliorer cette technologie, Natural Grass investit 5 millions d’euros en recherche et développement «sans gagner 1 euro les trois premières années», raconte l’entrepreneur de 36 ans.

    En 2010, coup de chanceL : l’organisation de l’Euro 2016 est attribuée à la France. Natural Grass remporte cinq appels d’offres et tout s’enchaîne très vite. Aujourd’hui, l’entreprise compte 31 installations: 22 stades et terrains d’entraînement de football et rugby, 2 pistes d’équitation, 2 golfs et 5 installations végétales urbaines.

    « De 2013 à 2016, notre chiffre d’affaires a doublé tous les ans», se félicite Bertrand Picard. Mais l’entreprise ne se repose pas sur ses lauriers. «Une équipe de neuf chercheurs et ingénieurs recherche constamment de nouvelles pistes »

    , s’enthousiasme le jeune patron.

    « Nous allons bientôt équiper des courts de tennis et nous élaborons un matériau qui permettra aux golfs d’économiser 70 % d’eau. Nous cherchons aussi des solutions pour aider à la dépollution des villes. »

    Quelle limite se fixe-t-il?

    « Le jour où j’aurai fait la pelouse du Super Bowl, je serai un homme heureux. »

    Et l’on peut même douter qu’il s’arrêtera là.

    Antonin Gouze

    Lire l’article sur l’Express ICI

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