Cliquer pour envoyer par email
TwitterGoogle+LinkedInFacebook
Un « mini Wimbledon » à Deauville

Deux chefs d’entreprise normands ont décidé de créer un complexe tennistique de 14 courts en gazon naturel. Après quelques péripéties au niveau des travaux, le chantier est en cours de finition pour une mise en service courant 2016.

Deauville..

Deux chefs d’entreprise normands, passionnés de tennis, font le constat qu’il n’existe en France aucun équipement tennistique en gazon naturel digne de ce nom. Après une longue réflexion et quelques voyages en Angleterre, ils décident de créer un « mini Wimbledon » à Deauville qui pourra accueillir aussi bien les joueurs amateurs que les joueurs professionnels, ces derniers pourront y peaufinerla préparation des grands tournois internationaux Le Lawm Tennis Club de Deauville est né.

Un chantier à l’arrêt…

Le projet a commencé par l’acquisition d’un terrain de 6 hectares, en zone inondable,
proche du centre-ville, sur lequel l’objectif était de construire 14 courts en gazon naturel ainsi qu’un club-house de
800 m2, réalisé sur pilotis. Le court central pourra recevoir une tribune de 2 000 places, extensible à 6 000 places. L’utilisation du gazon étant assez limitée, les investisseurs ont optimisé le projet pour un usage maximum : hormis le court central, les courts sont accolés en trois groupes de façon à pouvoir décaler les tracés et permettre
de soulager le gazon. Malheureusement ce principe ne permet pas de donner une pente en travers, c’est donc une pente en long de 8mm/m, dans le sens du jeu qui a été retenue. Cette optimisation a aussi pesé sur le choix des substrats. Les 9 courts destinés aux amateurs sont réalisés sur un substrat en sable fibré. Le court central et les 4 autres courts destinés aux professionnels sont construits suivant la méthode traditionnelle des grands clubs anglais tels
que Wimbledon ou Queen’s, c’est-à-dire en argile. Les travaux ont démarré en 2014,mais après plusieurs mois d’arrêt de chantier, au printemps 2015, les relations maitre d’ouvrage/entreprise se sont dégradées. Faute de solution convenable pour les substrats,le maitre d’ouvrage a décidé de changer de prestataire. Par la suite, une mission
a été confiée au laboratoire de sols sportifs Novarea.

… et des choix techniques remis en cause

La suite du chantier a été confiée à deux entreprises spécialisées en terrains de sports, Progreen pour les travaux neufs et Sportvert pour l’entretien. Pour les courts destinés aux amateurs, c’est le procédé AirFibr de Natural Grass qui a été retenu, suite à des échanges préalables avec le maître d’ouvrage. Constitué de sable, de liège et de fibre, il offre une très bonne perméabilité, donc un usage sur 7 à 8 mois de l’année et ceci avec une bonne qualité de rebond.Les deux dirigeants de ces entreprises ont fait le voyage en Angleterre pour étudier la constitution des substrats à base d’argile et surtout les méthodes de mise en oeuvre, très différentes des habitudes françaises. Un partenariat a été scellé avec l’entreprise anglaise la plus expérimentée, cette dernière a fourni le substrat de la couche finale.

« C’est au début de l’été, en pleine saison, que nous avons été appelé pour terminer le projet indique Mikaël Degeimbre, dirigeant de Progreen. « Dès la première réunion de chantier, mi-aout, nous avons remis en cause la pente en long de tous les courts. Cela fait 20 cm de différence de niveau entre les deux joueurs lors des engagements! Les 8mm/m ne sont pas nécessaires sur du sable fibré qui présente une perméabilité supérieure à 18 cm/heure. D’autre part, pour les deux courts destinés à la compétition, les règlements de la FFT et de la FIT n’autorisent aucune pente en long ». »

La pente des courts en sable fibré a donc été réduite au mieux pour limiter les coûts de reprise, soit 3 mm/m et celle des courts d’entrainement en argile à 4mm/m. Les deux courts de compétition en argile ont été complétement modifiés pour avoir une pente unique en travers de 5 mm/m et plat en long. Ces modifications ont entrainé d’importants travaux de borduration. De plus, il a été nécessaire de reprendre tout le réseau de drainage dont les drains étaient posés à plat sur 90 mètres et mal raccordés aux collecteurs.

Un substrat argileux qui demande un savoir-faire spécifique

Les courts dits « en argile » sont composés d’une première couche de 10 cm d’épaisseur composée d’un mélange de terre locale amendée suite aux analyses, le tout réalisé au malaxeur afin de se rapprocher des critères anglais. La couche finale de 15 cm d’épaisseur a été importée d’Angleterre. La mise en oeuvre du substrat argileux exige un savoir-faire spécifique, elle a été réalisée suivant un protocole rigoureux imposé par les anglais. La tolérance du réglage final est de 2mm sous la règle de 2 mètres soit la moitié de l’exigence de la FFT. Le court central a été semé fin septembre, avec un mélange de graminées spécifiques, sélectionnées après de longs débats entre spécialistes.

« Ces terrains ont été compliqués à mettre en oeuvre, cela demande un véritable savoir-faire. Hormis cette contrainte technique forte, nous avons dû également lutter avec la météo normande qui nous a posé quelques problèmes (rires), ainsi qu’avec les délais qui étaient très serrés, liés aux changements en cours de chantier », décrit Mikaël Degeimbre. »

Le substrat fibré a été préparé par la société Natural Grass. De son côté, l’entreprise Progreen s’est chargée de la sous-couche, de la couche drainante et du semi, réalisé à la mi-novembre. L’automne très doux a favorisé la pousse du gazon, la première tonte du court central a eu lieu le 2 novembre par l’entreprise Sportvert. « Depuis le semi tout se passe bien, mais nous restons prudents car nous savons que cela peut aller très vite. Il nous reste quelques courts à réaliser car nous n’avons pas pu terminer en cette fin d’année. Il devrait être possible de jouer à partir de fin avril » ajoute le dirigeant de Progreen.

Un greenkeeper à demeure pour l’entretien

C’est également Sportvert qui va laisser à demeure un greenkeeper pour assurer l’entretien. Ce dernier aura aussi pour mission de préparer la mise service régulière des terrains en argile.

« L’approche de l’entretien des courts en argile est complétement opposée aux terrains de football où l’on cherche de la souplesse. Ici il faut cylindrer les courts avant la mise en jeu pour obtenir du rebond et, à la fermeture des terrains, il faut décompacter pour redonner de l’oxygène au gazon », déclare Sébastien Ranson, dirigeant de Sportvert. »

Ces opérations seront à faire plusieurs fois dans l’année en fonction du planning d’utilisation des courts. Par ailleurs, des négociations sont en cours pour organiser des compétitions internationales.

Lire l’article ICI

Retour