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Natural Grass équipe la moitié des terrains de football de l’Euro 2016

Samedi 2 juillet à 21h, il sera la toile de fond du match Allemagne-Italie en quart de finale à Bordeaux. Et de nouveau, le 6 juillet à Lyon, lors de la demi-finale … Le gazon d’élite conçu par la start-up innovante Natural Grass a déjà séduit bon nombre de clubs sportifs. La jeune pousse voit l’avenir en vert avec une croissance exponentielle à trois chiffres qui la conduit bien au-delà des frontières.

Stade de Gerland à Lyon. La pelouse hybride AirFibr équipe quatre stades de l’Euro 2016, à Toulouse, Lyon, Bordeaux et Saint Etienne. - Natural Grass

Stade de Gerland à Lyon. La pelouse hybride AirFibr équipe quatre stades de l’Euro 2016, à Toulouse, Lyon, Bordeaux et Saint Etienne. – Natural Grass

« Les conditions météo catastrophiques de ces dernières semaines nous ont permis de démontrer la qualité de notre technologie » se réjouit Bertrand Picard, cofondateur de Natural Grass.

Son produit, une pelouse 100% naturelle enracinée dans un substrat artificiel. Une technologie de pelouse hybride, baptisée « AirFibr » créée en 2013, destinée aux terrains de football et de rugby de haut niveau qui a nécessité près de cinq années de R&D. Résultat : une grande résistance quel que soit le taux de fréquentation, un meilleur niveau de jeu et une réduction des traumatismes pour les sportifs.

Des early adopters qui ont fait le buzz

Si la technologie AirFibr est un produit disruptif deux fois plus cher que ce qui existe sur le marché, il séduit néanmoins le club de Troyes, qui le premier en équipe son stade.

« Ils ont joué le rôle d’early adopters. Bilan : pendant trois ans ils ont possédé l’une des plus belles pelouses du championnat français. Ses excellents résultats ont fait le buzz et des clubs du monde entier sont venus nous voir » assure Bertrand Picard.

En seulement trois ans, Natural Grass devient leader français des pelouses hybrides et équipe la moitié de la Ligue 1. Elle parvient à imposer sa pelouse dans quatre stades de l’Euro 2016, à Toulouse, Lyon, Bordeaux et Saint Etienne ainsi que sur les terrains d’entrainement des prestigieux clubs de l’Arsenal et du Real de Madrid de Zinedine Zidane.

« Le marché, qui était en mauvaise santé en 2013, est redevenu dynamique » se délecte Bertrand Picard.

Si la start-up réalise près de 50% de son chiffre d’affaires dans le domaine du foot elle n’en reste pas là et équipe également d’autres sports, comme le golf et le rugby. Elle a entre autres recouvert le centre d’entraînement de la fédération française de rugby et du Racing Metro où s’entraîne le célèbre Dan Carter. En prévisions, la rénovation du Golf National français pour l’organisation de la Ryder Cup en 2018. Et dans un tout autre domaine, l’entreprise souhaite se développer sur la végétalisation et implanter de la nature dans les villes.

L’association gagnante du business et de la science

A l’origine du projet, l’association originale d’un père et d’un fils. Avec deux visions bien différentes, l’une orientée business et entrepreneuriat, l’autre sciences et innovation. Alors qu’Edmond-Pierre Picard venait de déposer un brevet pour des surfaces végétalisées, son fils Bertrand travaillait à la banque Rothschild à la City sur le business des clubs de foot. En 2009, il décide de tout plaquer pour créer son entreprise et étudie la meilleure option du lieu, Londres ou Paris.

« J’ai choisi de créer en France car il existe un écosystème exceptionnel plus favorable à la création. Une jeune entreprise technologique peut avoir accès à des laboratoires publics de haut niveau et à de jeunes étudiants très bien formés. Il existe également une multitude de services d’accompagnement, depuis BpiFrance jusqu’aux incubateurs, fondations et réseaux. »

L’entreprise en est un bel exemple puisque sur les 5 millions d’euros investis dans son programme de R&D, elle reçoit un tiers par le biais d’aides publiques, soit 100.000 euros du fonds de dotation Raise, 50.000 euros de Scientipole Initiative, 50.000 euros de Réseau Entreprendre et 50.000 euros de Total development régional. En plus, la start-up remporte deux concours.

« Le premier, Instrument PME Horizon 2020, situé au niveau européen pour financer des projets d’innovation et de recherche, nous a accordé 730.000 euros de subventions. Le second émanait du ministère de la Recherche en France et nous a octroyé 400.000 euros. Grâce à ces concours, nous avons pu mener des projets de recherche ambitieux, provoquer un effet de levier du crédit d’impôt recherche et obtenir plus de crédibilité vis-à-vis des banques. »

Le duo a dû également séduire les banques.

« J’ai passé cinq années à établir des business plan et des business model. Dès lors, j’ai pu proposer un projet crédible sur le plan comptable et financier. Et puis nous parlons le même langage. »

BpiFrance et BNP Paribas lui prêtent ainsi un autre tiers et le dernier est auto financé.

Un taux de croissance à trois chiffres

La start-up continue d’investir dans la recherche car Bertrand Picard ne compte pas s’arrêter là. Un nouveau produit devrait voir le jour dès 2017.

« Notre pipeline, c’est de lancer une série d’innovations programmée pour les prochaines années. »

L’enjeu de la croissance de l’entreprise, c’est aussi l’international. Présente dans huit pays, elle s’intéresse au marché anglais et va construire prochainement une deuxième usine en Europe. D’ici deux ans, elle se voit sur le marché américain. Avec une difficulté en tant que start-up industrielle, la nécessité de devoir s’implanter sur un territoire pour pouvoir vendre sur place. Pour mener à bien sa conquête Outre-Atlantique, Bertrand Picard hésite encore entre une première levée de fonds ou un partenariat industriel. Pour l’heure, l’entreprise n’a pas encore fait entrer d’investisseurs privés au capital, même si elle est sollicitée en moyenne une fois par semaine. Il faut dire qu’elle se porte bien, avec un taux de croissance de 660% sur les deux dernières années. De quoi atteindre à terme le rêve de son fondateur :

« équiper la finale du Superbowl, le plus grand événement sportif au monde »

Bien entendu, elle compte également se positionner sur l’équipement des stades pour les coupes du monde de foot 2018 en Russie et en 2022 au Qatar.

Charlotte De Santignon

Lire l’article sur Les Echos.fr ICI

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